Growler Powerplay

Caractéristique

Aventures électriques

January 17, 2020

Récit de Greg Hill
Photos de Bruno Long

Par les temps qui courent, le vélo de montagne électrique suscite souvent des opinions tranchées, et on a tendance à se mettre sur la défensive et à chercher la confrontation, peu importe le camp choisi. Pour moi, il est évident que le vélo électrique est en voie d’être adopté par le grand public comme moyen de transport, alors nos conversations seraient plus constructives si nous commencions à réfléchir à comment et pourquoi il peut améliorer nos vies, au lieu de nous borner à des jugements et à des refus catégoriques.

J’ai consacré les deux dernières années à prouver le potentiel de l’énergie électrique pour les amateurs d’aventure. J’ai complètement exclu les combustibles fossiles de mes escapades, et j’ai beaucoup réfléchi à ce que signifie l’aventure écoresponsable. J’habite en Colombie-Britannique, où 98 % de l’électricité est renouvelable et provient de l’hydroélectricité. S’il y a un endroit où l’utilisation d’un véhicule électrique est une bonne idée, c’est bien ici. Quand j’ai choisi de faire le virage vers des aventures durables, je me suis fixé l’objectif ambitieux de gravir 100 sommets avec pour unique équipement mes skis, mes chaussures d’escalade, mes chaussures de course ou mon vélo de montagne – toujours en m’y rendant en voiture électrique. En réalisant mon but, j’ai prouvé que les voitures électriques sont un moyen de transport adapté au tourisme d’aventure, mais j’en suis aussi venu à me demander si d’autres moyens de transport pourraient être utiles. Y avait-il des moyens de me rendre encore plus loin dans l’arrière-pays, là où mon petit véhicule à hayon ne pouvait pas m’emmener? Et qu’en était-il des personnes qui s’intéressaient à l’aventure écoresponsable, mais qui n’avaient pas les moyens de s’acheter une voiture à 45 000 $?

Tout naturellement, mes recherches m’ont mené vers les vélos électriques. L’essai d’un Instinct Powerplay – qu’on utilise habituellement comme navette – dans le réseau de sentiers près de chez moi avait été une expérience révélatrice. Je partais de la ville avec mon ami pour gravir le sommet sans effort, riant et discutant en chemin. Après, la descente était une vraie partie de plaisir. L’Instinct Powerplay m’avait prouvé qu’il se prêtait bien à des sorties dans les sentiers des environs, mais serait-il à la hauteur comme moyen de transport vers d’autres aventures?

Le printemps dernier, j’ai donc équipé un Growler Powerplay en vue de me déplacer plus simplement, sans voiture. Je l’ai préparé en fonction de presque tous les sports d’aventure imaginables : sacoches et paniers à l’avant et à l’arrière pour mon matériel d’escalade et de course, sans oublier le plus important, mon équipement de ski. Bien sûr, il était un peu étrange de voir un vélo de montagne d’enfer comme celui-là transformé en bête de somme, mais je lui promettais de grandes aventures.

Je ne me doutais vraiment pas à quel point ce vélo électrique allait m’être utile. Comme je suis un skieur d’abord et avant tout, je voulais commencer par sortir de la ville à vélo pour grimper le mont Begbie, sommet emblématique de Revelstoke, pour le dévaler en ski. Je n’en étais pas à ma première descente là-bas, mais le fait de rouler 15 km jusqu’au point de départ du sentier pour ensuite gravir le sommet, m’élancer sur les pentes de ski et pédaler sans peine au retour sur mon vélo électrique a été à la fois simple et gratifiant.

Cette première ascension du mont Begbie n’était que le début de mon histoire avec le Growler Powerplay. Ce qui m’a vraiment renversé, sans que je l’aie vu venir, c’est que ce vélo a donné le goût de l’aventure à d’autres membres de ma famille. Ma fille de 13 ans m’a surpris en faisant une sortie de 20 km sur le Growler… juste parce qu’elle rêvassait et n’avait pas envie que ça s’arrête! Il faut dire qu’elle n’aime pas tellement l’exercice cardio et que j’ai toujours eu du mal à la convaincre de participer à mes escapades. Une autre fois où elle était déterminée à m’accompagner pour une sortie de vélo de route, elle a joué au coach durant les montées, débordant d’encouragement et d’enthousiasme.

Mon père, qui à 70 ans, n’est pas très actif, a même enfourché le Growler Powerplay pour une sortie de route avec moi jusqu’au barrage de Revelstoke. Pendant que je peinais à gravir la montée le long de la vallée, je ne pouvais que reconnaître la chance inouïe que j’avais de faire de l’exercice avec mon père. Une occasion comme celle-là ne s’était jamais présentée avant, et c’est le vélo de montagne électrique qui l’avait rendue possible.

En juillet dernier, mon ami et moi avons emprunté deux Instinct Powerplay pour une sortie qui promettait d’être épique au mont Joss. J’en étais à ma 98e ascension propulsée par l’énergie électrique, et je voulais maintenant gravir une montagne sur un vélo électrique. Le sentier du mont Joss fait environ 17 km aller-retour et grimpe 1 100 m d’altitude. Il y a plusieurs sections où il faut pousser le vélo – car le sentier, aménagé comme accès à un belvédère de surveillance des feux de forêt, n’est pas conçu pour les cyclistes. Dans les pentes trop abruptes où il était impossible de pédaler (même avec l’assistance du moteur), le mode marche nous a aidés à continuer la montée jusqu’au sommet no 99.

 

 

 

 

 

J’ai passé tout l’été sur mon Growler Powerplay : promenades et courses en ville, sorties d’escalade et déplacements jusqu’au point de départ des sentiers. J’économisais beaucoup de temps. Bien sûr, j’aurais pu prendre un vélo de montagne classique, mais l’assistance électrique me permettait de garder mon énergie pour les activités elles-mêmes. Et honnêtement, même si seulement 2 km me séparent de la ville, je me sens parfois trop paresseux pour pédaler. Le vélo électrique m’a aidé à surmonter cette paresse; et tout à coup, c’est devenu plus simple de rouler à vélo qu’en voiture.

Maintenant que l’hiver est revenu, j’utilise moins le vélo, car les routes sont complètement enneigées ici. Mais quand le chemin est dégagé, je suis quand même heureux de le sortir pour me rendre à la station de ski, Revelstoke Mountain Resort, où les télésièges électriques reflètent même mes propres convictions. Au printemps, quand les routes seront de nouveau praticables, je recommencerai à gravir les chemins forestiers à vélo pour explorer les pistes de ski éloignées dans l’arrière-pays.

Si je savais que le vélo électrique allait de pair avec mes aventures écoresponsables, je n’avais pas idée de toutes les possibilités qu’il nous offrirait, à ma famille et moi. Ces vélos ont un potentiel infini, aussi grand que mes rêves.
 
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